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communisme

  • L’opposition de Paul Levi au sein du Komintern

    Paul Levi, membre de la Ligue Spartakiste dès sa fondation, principal dirigeant du Parti Communiste d’Allemagne de mars 1919 à février 1921, s’exprimait ainsi dans sa brochure d’avril 1921 : Unser Weg, Wider den Putschismus (Notre Voie – contre le putschisme ; texte à ce jour toujours pas traduit en français), chapitre 2 :

    « La révolution n'est pas l’affaire du Parti Communiste, ni un monopole des communistes. Elle est, pour employer un mot de Marx dans une lettre à Kugelmann, une « révolution du peuple », c’est-à-dire un processus plus puissant dans lequel toutes les forces actives et opprimées se mettent en marche, manifestent, s’opposent – chacun à sa manière – aux oppresseurs ».

    On voit que Levi a en fait une autre conception révolutionnaire que celle de la direction léniniste du Komintern. Il désapprouve le « putschisme » et la prise du pouvoir par une minorité. Au fond, c’est le principe du « Parti qui fait la révolution » qu’il refuse, revenant à Karl Marx et Rosa Luxemburg : c’est au prolétariat de faire la révolution. Même si Levi, pris dans l’air du temps, fait parfois des concessions au léninisme dominateur à l’époque, il recommande explicitement pour le Parti Communiste d’Allemagne de « revenir aux enseignements de sa fondatrice », c’est-à-dire Rosa Luxemburg (dans le chapitre 4).

    Levi s’oppose également au principe des ordres venus de Moscou, parlant des émissaires bolcheviks comme d’une « police de Parti » (« Parteipolizei » - chapitre 4). Il refuse de limiter ses critiques à un petit cercle d’initiés : sa brochure est publique, afin que le débat soit libre et large.

    Tous ces « crimes » lui valent l’exclusion en avril 1921. Or, son attitude a été parfaitement normale au regard des principes marxistes ; mais pas au regard du bolchevisme et de sa « discipline de fer confinant à la discipline militaire » (extrait des « 21 conditions » édictées par le Komintern en 1920).

    Paul Levi fait partie des communistes qui s’opposent dès 1920-1921 à l’exportation du « modèle bolchevik » à l’Europe de l’ouest, arguant notamment de situations extrêmement dissemblables, comme le fait de façon différente Herman Gorter dans sa « Réponse à Lénine ». Précisons que ces deux textes de débat n’ont pas été traduits à l’époque, et n’ont strictement jamais été diffusés par le Komintern.

    Le Komintern était en fait au service de l’Etat russe, il était une émanation d’un pouvoir d’Etat. Cette structure a, en imposant le « modèle » léniniste, asséché le mouvement communiste international, le vidant du libre exercice de l’esprit critique indispensable au marxisme, et ce avant même la transformation stalinienne (qui aggrava de façon tragique la situation, déjà contraire à un véritable développement du communisme).

    Après son exclusion, Paul Levi a poursuivi la lutte révolutionnaire : il a créé un rassemblement communiste oppositionnel, le KAG (Kommunistischer Arbeitsgemeinschaft, « Groupe de Travail Communiste »), publié le texte où Rosa Luxemburg critique la révolution russe, et à partir de 1922 il a été un militant actif de la tendance révolutionnaire du SPD.

    Malgré, ou plutôt à cause de sa sincérité et de sa fidélité aux principes marxistes, il n’a cessé d’être diffamé par les staliniens, ainsi que par d’autres léninistes.

  • L'Internationalisme

    L'Internationalisme est un objectif émanant des divers mouvements pour l'émancipation, également défendu en particulier par les théoriciens Karl Marx et Rosa Luxemburg.
    C'est une base sine qua non du Socialisme.

    Comme l'écrivait Paul Lafargue : "Le prolétariat révolutionnaire n’aura ni à conserver les anciennes nationalités, ni à en constituer de nouvelles, parce qu’en s’affranchissant, il abolira les classes : le monde sera sa patrie".

    La notion d'internationalisme a en particulier été développée dans l'opposition aux guerres (opposition menée par les rares socialistes restés socialistes). Depuis, le terme a été bien malmené : l'histoire a montré que toute soumission, même "simplement" idéologique, à un Etat quel qu'il soit, entraîne la disparition de l'internationalisme.

    L'Internationalisme doit donc être une réalité quotidienne, dans les mobilisations, dans les projets politiques, comme objectif et comme moyen, dans la lutte contre toutes les oppressions.

    Comme Marx l'a montré dans "Le Capital", il est normal et logique que le capitalisme se "mondialise" : la solution n'est pas un retour à un nationalisme quel qu'il soit ; la solution c'est la solidarité internationale des travailleurs, et une société égalitaire, libre, et réellement mondialisée. Une mondialisation au service des êtres humains, débarrassée des inégalités, du capitalisme et des divisions artificielles, tel est l'objectif internationaliste.